HENRIK VIBSKOV

RENCONTRE / HENRIK VIBSKOV

Le créateur Danois Henrik Vibskov est un des piliers de la fashionweek homme parisienne, présent depuis 2003  au calendrier, chacun de ses shows est une surprise totale . Par où commence-t-on lorsque l’on veut aborder les thèmes des collections de cet homme aux multiples talents .

Musicien, artiste contemporain, designer, créateur de vêtements et d’accessoires… Henrik partage son univers coloré et conceptuel à travers de multiples médiums, son approche plastique de la mode lui donne un style unique.

La collection est imprégnée de détails narratifs et ludiques. Les matières et les techniques développées font toujours l’objet d’un brainstorming intense . Henrik nous confit combien il est important pour lui d’être toujours dans une démarche d’apprentissage et de recherche.

Partir d’un mot – WIND – le décortiquer et observer la façon dont cette force peut interagir avec le tissu,  créer des volumes et des motifs uniques « comme le vent dessine des spirales dans la mer « . L’expérimentation est au cœur du processus créatif de la marque. La collection SS19 d’Henrik Vibskov est une explosion de couleurs et véhicule beaucoup d’énergie et de dynamisme tout comme cette force ! Il y a aussi une approche plus singulière du designer qui surligne la versatilé du vent tantôt salvatrice et tantôt fatale.

L’oeuvre d’Henrik suggère au travers du processus créatif, de discipliner notre façon de percevoir le monde en chérissant notre créativité, tout en restant lucide.

 

Marion

PHOTOGRAPHY Shizuka Higa
INTERVIEW Marion Hassan & Guillaume Michel
Thank you Henrik and Vald Agency

QUOÏ ALEXANDER

IN CONVERSATION WITH QUOÏ ALEXANDER


Parlons de processus créatif, en étudiant vos dernières interviews ,le mot qui revient le plus est « innovation », qu’est-ce que cela veut vraiment dire pour vous ?

C’est une question difficile, d’autant que ce mot traîne avec lui pas mal de « bagages ».

L’innovation pour moi, c’est la création de nouveaux instruments. C’est le fait de changer les outils que l’on utilise dans notre processus qui induit de nouvelles créations.

On peut aller plus loin qu’un simple travail de stylisme et d’assemblage.

En tout cas, c’est mon angle d’approche.

Le processus d’innovation pour vous est une nécessité, un luxe, une raison d’être, un plaisir ?

Un véritable plaisir, mais c’est aussi de la discipline. La discipline est nécessaire, mais ma créativité prend réellement sa source dans le plaisir. Cela peut ne pas paraître très original, mais rien ne m’apporte autant de plaisir, que tous les moments où les projets avancent…le travail se met en place presque comme une évidence.

C’est un sentiment que je recherche perpétuellement dans mon travail.

Je ne suis pas certains que la majorité des designers actuels soient à la recherche de ce plaisir dans le travail. Non pas qu’ils aient tort de fonctionner autrement, je suis clairement personnellement à la recherche de cette sensation dans mon processus créatif.

Et même si cela est très excitant, comme nous le disions, une grande discipline reste nécessaire.

Pour en revenir à tous ces nouveaux chemins que vous comptez parcourir, Nous avons l’intuition que vous êtes dans une phase d’exploration, sans trajectoire définitivement établie au préalable?

Eh bien, je pense que de plus en plus, je tends à définir l’exploration comme étant ma trajectoire.

Je me suis beaucoup posé cette question dernièrement, et ce fut ma conclusion. Je souhaite rester dans une exploration permanente, même si cela peut sembler étrange.

Diriez vous que ce voyage créatif est aussi un processus d’exploration personnel ? Ou réside t il aussi un désir d’appropriation et de réinvention du vêtement ?

C’est clairement une envie de réécriture, même si j’essaye de maintenir mon processus créatif aussi « pure » que possible.

Dans le sens où je ne veux pas me laisser entraîner par l’envie de travailler en réaction au production des autres. Mon but n’est pas de me développer par opposition ou par contradiction, de transgresser, ou d’affronter le monde, mais plutôt de maintenir mon esprit a l’abri des interférences.

Avancer vers l’innovation en ayant l’esprit le moins embrumé possible.

Vous cherchez à contourner tout processus de transgression, pourtant beaucoup d’artistes, soutiendraient que la création réside en partie dans la transgression.

Je ne suis pas très à l’aise avec cette approche. Même si de nombreux artistes comme Picasso par exemple ont mené de grands combats de transgression envers les traditions. Mais ce n’est pas mon combat. Personnellement, si je peux rester dans un processus de développement personnel, une exploration plus intime, cela me convient mieux.

Même s’il existe encore un débat très vif à ce sujet dans mon esprit.

Nous avons lu que chacune de vos pièces est unique et qu’elles nécessitent énormément de temps pour être conçues?

Certaines de mes pièces nécessitent plus de 300h de travail manuel. Je traite chacune de ces pièces comme si elles représentaient le « mythe de la création » de mon travail. Comme je travaille souvent seul, créer une pièce me prend énormément de temps. La plupart de mes créations sont des « slip on » il suffit de se glisser dedans. J’aime que les matériaux d’origine deviennent de plus en plus méconnaissables par la manipulation.

Votre façon de travailler se rapproche plus de la haute couture que du prêt-à-porter? Combien de collection faites vous par an?

j’en fais 2, j’en ai sauté une l’année dernière. Mais sinon, je fais 2 collections par an.

Aimeriez-vous produire plus ?

J’aimerais beaucoup en effet, cela va venir avec le temps.

J’ai beaucoup lu dans vos précédents entretiens que vous voulez vous extraire des différentes mythologies de la mode, comment appliquez-vous cette règle dans votre quotidien avec l’omniprésence des réseaux sociaux qui en sont un des principaux vecteurs ?

Je n’avais jamais fait le lien auparavant. Quand je travaille j’essaye de ne jamais être entouré d’images, de références, de moodboards…je m’applique à n’avoir aucune influence extérieure. Évidemment cela pose le problème de la communication sur ma marque, je ne pense pas avoir encore trouvé le médium ou la stratégie idéale pour communiquer sur mon travail, pour le moment, c’est secondaire.

Les directeurs de création actuels réclament vouloir prendre plus de temps pour développer leurs créations et s’extraire de la contrainte des saisons. Diriez-vous que c’est le processus créatif qui induit le temps nécessaire pour chaque pièce ?

Oui clairement c’est mon mode de travail ! Les outils que j’utilise impliquent de prendre du temps. La notion de mode moderne, de mode « consommable », est très récente, et si j’adhérai à cette tendance, je devrais m’adapter au processus occidental actuel de production.

Mais ce que je fais, ne peut pas s’imbriquer dans cette vision, il y a forcément un rapport au temps différent. Je suis quelqu’un de très patient, mais je subis parfois aussi ce processus, qui peut être très laborieux.

C’est comme un « rituel ancien » dans lequel j’essaye de me plonger, j’aimerais qu’il soit plus rapide parfois, mais il est nécessaire.

Que pensez-vous du terme « précieux »?

Quand j’ai commencé à peindre, j’ai remarqué que souvent on traite son travail comme un objet précieux, on a tendance à considérer nos créations comme des choses fragiles que l’on veut protéger, mais pour finir sa peinture, on doit la transformer, la faire évoluer.

Or il est impossible d’avancer, si vous traitez chaque création comme un objet « précieux » . Je ne suis pas quelqu’un de très matérialiste, du moment que le parcours créatif est là, la pièce en elle-même n’a plus vraiment d’importance pour moi.

Et l’idée que vos pièces seraient précieuses de par le temps nécessaire pour leur réalisation?

L’expérience de leur création est précieuse dans mon esprit, mais je n’ai pas un attachement particulier pour l’objet final.

Vous avez dit souhaiter que vos créations n’évoquent rien de connu, ce qui est presque impossible à faire,  comment éviter cela?

C’est une vraie problématique. Arriver à s’extraire perpétuellement des conceptions culturelles du vêtement, de ses mythologies véhiculées par les différentes civilisations.

Par exemple, j’essaye d’éviter les cols autant que possible, car c’est un élément clairement culturellement connoté dans la civilisation occidentale. Mais parfois en créant le vêtement il arrive que malgré moi un col apparaisse, et souvent c’est un vrai sacerdoce de choisir entre le garder, le détruire ou le transformer … à chaque étape je dois remettre en question mon travail.

Dans le monde de la mode, de plus en plus de créateurs, veulent avoir le temps de travailler l’aspect purement créatif de leurs créations, vous en faites partis?

En lisant l’interview de Raf Simons aprés qu’il ait démissionné, je me suis tout de suite identifié à ses propos. C’est exactement ça. C’était une parole salutaire de sa part pour le monde de la mode. À cette époque, j’étais d’ailleurs en train de réaliser une vidéo appelé  » Slow making » pour montrer que la création prend du temps et trois mois plus tard, en quittant Dior, il donnait cette fameuse interview.

Parlez nous de vos inspirations ? Nous avons déjà établi que  vous ne regardez pas la mode pour vous inspirer, mais existe-t-il d’autres formes d’art qui vous nourrisse ?

Ma collection de diplôme s’inspirait d’un artiste appelé Xu Bing. Dans les années 80, il travaillait sur le sens du mot « art », qu’il établit comme étant « la façon dont nous créons » …

Le dernier film de Werner Herzog sur les volcans m’a aussi beaucoup inspiré, les thèmes qu’il aborde dans ce film me parlent beaucoup. Je pense qu’il parle de condition humaine : la quête de sa propre humanité.

Avec le désir de tout recréer, comme si on essayait de créer un miroir aussi pur que possible de notre réalité !

Mais en ce moment, c’est en moi que je cherche, j’essaye de m’isoler autant que possible pour créer.

Avez-vous imaginé un parcours, une existence pour vos créations ?

Je voudrais trouver un moyen de placer l’idée de produit dans ma philosophie. Par exemple, en ce moment mes sacs se vendent très bien, l’aspect intéressant dans l’accessoire c’est aussi qu’il existe déconnecté du corps. Ça ne s’enfile pas, ça ne vous altère pas de la même façon que le vêtement. J’aimerais retrouver cette même approche pour mes créations.

INTERVIEW Mikhaela Aghion and Marion Hassan
Special thanks to Stephanie Veuriot and the one and only Mathieu Hassan

YOSHI ITU
YOSHI ITU
By ,   No tags,   0 Comments

IN CONVERSATION WITH YOSHI ITU


 

1-Vous avez présenté votre travail à Londres et à Paris pendant la dernière fashionweek. Quelles différences avez vous constaté dans les réactions du public?

En Angleterre, les premières personnes qui sont venus vers moi étaient plutôt des « fashionistas » et des gens du milieu de la mode alors qu’en France tout les gens sans distinction ont été attiré par ma démarche, du plus vieux au plus jeune, ils sont venus me complimenter. C’est pour cette mentalité que j’adore Paris.

2- C’est étonnant que les parisiens ait été plus réactif à ton travail que les anglais, qui sont connus pour être plus extravagants dans leurs looks?

A Londres les gens sont plus habitués à analyser les mouvements artistiques, à en parler, mais il réside une certaine distance vis à vis de tout ça, alors qu’à Paris, c’est le sensible qui prime avant tout, les gens ressentent les choses avant de les intellectualiser.

3- Et au Japon, ton pays d’origine où tu as démarré ta carrière, comment ton travail est il perçu?

Au Japon, les gens vont être beaucoup plus réservé dans leurs réactions et auront tendance à m’ignorer dans la rue. Ce n’est pas du tout la même façon d’appréhender l’autre. Il faut ressembler le plus possible à tout le monde là bas.

4- Tu revendiques la liberté d’être soi même un support artistique en portant tes créations dans ton quotidien, c’est presque une sorte de manifeste?

Wearable Art, c’est plutôt une philosophie de vie. Je voudrais que les gens soient plus libres. L’art ne doit pas rester dans un musée ou dans des maisons. L’art est un moyen de s’exprimer au sens large, que l’on pourrait porter, cela permettrait de découvrir les goûts des gens, ce qui les touche, ce qui les inspire… ce serait un nouveau moyen de se rencontrer…

5-Ton art renvoie à la naïveté de l’univers de l’enfance. Est ce une constante chez toi, un style?

Tout dépend de la pièce sur laquelle je vais travailler, je ne me limite pas à un style en particulier. Chaque pièce va résonner d’une façon différente chez moi. Wearable Art c’est sans limite! Je peins aussi sur des murs par exemple, en faite peu importe le support, c’est vraiment en fonction de la corrélation entre mon inspiration, le support et l’énergie du moment. Tout ce qui touche l’humain et la vie sont des sources d’inspiration pour moi.

D’ailleurs, j’utilise toutes les couleurs dans mon travail parce que je le peux, que ces couleurs sont là, pour moi ça ne renvoi pas au monde de l’enfance. Ce type de pensée est aussi un carcan, il n’y a pas de règle à suivre!

ALEX ULCHINY

IN CONVERSATION WITH ALEX ULCHINY


 1- Quel est ton parcours professionnel?

Après l’obtention de mon diplôme à l’école d’Art Institute of Chicago, j’ai voyagé en Europe pour découvrir le pays et faire un stage chez Iris Van Herpen, pour la production Haute Couture Printemps 2013. Puis j’ai travaillé chez Victor and Rolf pour leur première collection haute Couture en 13 ans. Et quand il fut temps de rentrer chez moi, j’ai commencé à travailler sur ma collection.

2- Peux-tu nous présenter ta dernière collection?

White Noise est inspiré en partie du travail de Bill Viola. Avec le matériel utilisé,  je joue avec une grande variété de qualités de réflexions tout en cherchant quelque chose d’organique. Beaucoup de pièces de cette collection ont mis des mois à être réalisées, cela prend des centaines d’heures pour faire ce travail à la main. Le manteau blanc par exemple peut paraître négligé, mais c’est vraiment très complexe le laisser-aller maîtrisé. Il y a des centaines de points faits à la main. Chacune est unique. J’ai voulu donner un effet de slow motion à chacune des pièces.

3- Quelles sont tes inspirations?

Beaucoup de mes inspirations sont mêlées- J’essaye de construire un petit bout de monde, et de designer des vêtements pour ce monde. Je suis un romantique. J’aime aussi l’histoire et l’art moderne.

4- Le textile prend une place très importante dans tes créations, quel est ton processus créatif?

 J’aime beaucoup intégrer du travail fait main, je trouve ça utile pendant le processus et aussi quand je regarde le résultat final. Il y a beaucoup de temps passé en créant ces pièces, et une grande partie de la création peut être révélée de façon plus claire pendant la fabrication des pièces.

5- Tu as récemment collaboré avec Lady Gaga, quel est la prochaine étape de ton travail?

 Je suis reconnaissant envers le styliste avec qui j’ai pu travailler, je suis toujours surpris de la façon dont mes pièces sont utilisées. Ma nouvelle collection est en route pour la fin de l’été.

6- Tes silhouettes sont très originales. Comment illustre-t-elle ta vision de la féminité?

Je ne dirai pas que mes silhouettes sont très originales.  Je crée en fonction de décision stratégique esthétique, comment les proportions vont tomber sur le corps. Mais il faut prendre en compte « l’esprit » du matériel souvent. Les histoires que je développe changent et se développent sans cesse.

 7- Vers quelle direction vas-tu évoluer maintenant dans ta carrière ( prêt à porter, couture…)

 Je suis un designer émergent qui rêve de couture.

Credits

Article by Marion Hassan
Photos from alex Ulchiny

CHRISTINA LEDANG

IN CONVERSATION WITH CHRISTINA LEDANG


 

1­- Décris ton style en cinq mots.

Un peu dur, soigné, féminin, un brin street avec une touche d’étrangeté.

2­- Comment as tu démarré ta propre ligne ?

Par chance, ma première collection, que je ne devais jamais lancer, a été très bien reçue sur le net. Grâce à tout ces retours positifs, j’ai pensé qu’il fallait profiter de cet élan et me lancer dans la production. Je n’étais pas bien préparée mais j’étais très investie et je me suis jetée avec enthousiasme dans l’aventure.

3­- Qu’est ce qui t’inspire durant la conception de ta collection ?

Lorsque je ne suis pas en train de designer et de travailler sur un projet de stylisme photo, je trouve toujours quelque  chose d’intéressant à regarder, à écouter ou à découvrir. Cela peut venir de n’importe quoi, un costume dans une émission, un documentaire, un éditorial. La nature est aussi une vraie source d’inspiration. Même quand je suis très occupée, je me rends compte que je réfléchis déjà à une idée ou un concept. La plus part d’entre eux me viennent dans le métro ou le bus lorsque je pars travailler. Je prends des notes sur mon téléphone et de là je me lance dans la finalisation de concept et de plans de collection. C’est assez aléatoire, mais je crois que c’est parce que je suis toujours en train de penser tissus, ornements, attitude ou à des looks pour un éditorial. Dans ces moments là, entre le travail et chez moi, j’ai le temps de tout imaginer.

 4­- Quelle est la partie que tu préfères dans le processus créatif ?

C’est lorsque j’ai une idée en tête et que je trouve la parfaite chanson qui sera diffusée sur le catwalk. En fait, c’est là que tout prend forme, et que je peux tout appréhender, chaque pièce, tout les éléments du styling et les attitudes. Pour être honnête, c’est très important pour moi de créer des vêtements dans lesquels les gens se sentent à l’aise et en confiance, peu importe leur âge. Je ne suis pas sensible au style « innocente petite créature fragile ».

5- ­Dans ton lookbook « Take tree » et « Take two » pour ta ligne éponyme Christina Ledang qu’est­ce qui t’as amené à choisir le latex ?

J’avais des échantillons de latex qui me restaient de ma collection de fin de diplôme, à l’université Middlesex de Londres. Je les ai récupérés de l’oncle de mon mari qui a lancé une entreprise de vêtements en latex pour homme. J’étais en train de travailler sur ma collection, je me sentais bloquée alors je me suis lancée dans la création d’un petit sac en latex. Je l’ai vendu le jour même à une amie. Puis s’en est suivi la création d’un t­shirt de forme très basique. J’ai adoré le look qui s’en dégageait. Forte de ce sentiment je me suis lancée dans des recherches plus approfondies vers de nouvelles inspirations, en restant focalisée sur le latex comme texture principale. Tout est venu en même temps, de façon très intuitive et naturelle. Je n’avais jamais vu de vêtements comme les miens, en latex, et je me suis dit : « Il faut aller plus loin ! »

6- ­ Comment es ­tu devenue styliste photo et quelle part de cette expérience utilises­ tu dans ton métier de designer ?

Je suis devenue styliste par chance aussi. J’ai toujours aimé jouer avec les looks et j’adore l’univers de la photographie en tant que média. J’avais un ami qui me disait que ça me plairait. Il connaissait un photographe, Sirène Lauvdal, qui cherchait une nouvelle collaboration avec une styliste. Après plusieurs rencontres et discussions nous avons fait un shooting qui a été publié dans le deuxième numéro de Personae. Le projet a eu du succès et, d’un coup, je suis passée styliste. Après un an et­demi j’étais représentée par Pudder Agence et je travaillais à plein temps en tant que styliste photo. J’ai eu beaucoup de chance car le travail de styliste est excellent pour développer des idées de design et de silhouettes. Cela me permet de laisser libre cours à ma créativité, sans passer des mois et des semaines à développer des vêtements ou des collections. Si une idée est bonne, je peux la continuer, si quelque chose ne marche pas, je la mets de côté et je peux garder l’idée d’un look pour un éditorial, mais pas un concept de design. D’autre part, faire du stylisme dans des magazines me donne aussi la possibilité d’avoir un aperçu de ce qui manque sur le marché, ce que font les autres designers et où sont les talents. Les designers les plus commerciaux sont tous représentés à Oslo, donc il y a toujours une chance d’être repéré là­bas en tant que designer, si vous utilisez beaucoup de pièces dans des éditoriaux.

 7-­Les silhouettes de tes vêtements tendent à accentuer les points stratégiques des formes féminines, pourtant ton tissu et tes matières sont très souples, confortables et s’adaptent au corps. Est­ce ton approche de la féminité ?

Je suppose. Je trouve le corps féminin vraiment beau et j’aime le montrer plutôt que de le cacher. Rien n’est plus laid qu’un vêtement utilisé pour cacher le corps. Mais je fais de l’oversize aussi. On a tous des jours où on veut se cacher un peu. Comme je travaille tout le temps avec la photographie et le stylisme, j’ai l’œil pour repérer les choses qui marchent ensemble sur un corps et ce qui est flatteur. Toutes les formes féminines sont belles, il suffit juste de savoir comment les habiller.

8-­Quel est ton prochain projet ?

J’ai décidé de me concentrer sur ma ligne C.L.E.A.N by Christina Ledang et de garder la marque Christina Ledang pour des pièces phares qui laisseront libre court à mon imagination et me permettront de m’amuser sans penser à la partie commerciale.

9-­Le meilleur conseil qu’on t’aie donné ?

Ne t’en fais pas, ce n’est que de l’argent !

Christina ledang-01

C.L.E.A.N lookbook ss15

Credits

Interview : Marion Hassan
Photos supplied by Christina Ledang
Spécial tanks to Léa Grégoire

MIRA NEDYALKOVA

IN CONVERSATION WITH MIRA NEDYALKOVA


 

1-Comment avez-vous démarré votre carrière dans la photographie?

J’ai toujours aimé la photographie et considéré ce média comme un art à part entière, mais j’ai commencé par le dessin et la peinture en parallèle d’une carrière de mannequin. Ce n’est qu’en 2007, que j’ai découvert la photographie en tant que moyen d’expression et petit à petit cela a complètement remplacé la peinture.
Mes photos ne sont pas exactement des photos, j’utilise énormément photoshop (le logiciel d’édition d’images) et mes créations sont à mi chemin entre des peintures et de la photographie.
Ces deux arts sont pour moi très similaires et interdépendants. Franchement, mon attrait pour la photographie a augmenté en même temps que la découverte de photoshop et du potentiel qu’il apporte en possibilité de transformation d’image.
C’est ce parcours improbable qui m’a ouvert la voie, l’opportunité de continuer à créer, connectant la peinture et la photographie. Un gros challenge pour moi.

2-Quel est votre partie favorite dans le processus créatif?

Je pense que c’est la peinture sur photoshop, c’est la partie principale de mon processus créatif. La vérité c’est que je n’attache pas une grande importance aux techniques photographiques mais plutôt au travail de post production avec photoshop.

D’ailleurs, je ne me considère pas comme une photographe même si je fais de la photographie d’art.

3-Quand vous commencez votre shooting, avez vous déjà en tête une idée précise de ce que vous voulez? Définissez vous votre projet par un croquis (sketch)?

Oui j’ai toujours une idée précise de ce que je veux réaliser, j’anticipe mon projet.
Cela inclut de trouver les bons vêtements dont j’ai besoin. Habituellement, j’ai plus que juste une idée en tête et je commence le shooting avec l’ambition de réaliser plusieurs de mes visions. Je termine le shooting avec un certain nombre de photos parmi lesquelles je peux faire un choix.
Biensûr très souvent j’improvise aussi en fonction du moment. J’aime capturer l’instant avec chaque mannequin et personne quand elles s’y attendent le moins. Cela me donne souvent de très bons résultats.
Je ne fais pas de croquis avant le shooting pour montrer ce que je veux. Toutes les idées sont dans ma tête et je me laisse toujours une marge de liberté ainsi qu’à mon modèle, pour qu’il puisse exprimer l’essence de ce qu’il a à donner à sa manière. Il peut varier ses pauses et interpréter ma vision au début ou plus tard dans la séance.

4-Quand on regarde vos photographies, un profond sentiment d’abandon et d’intimité s’en dégage.

Comment dirigez vous vos modèles?

Oui comme je l’ai dit, je laisse toujours une grande marge de liberté à mes modèles. Avant la prise de la photo je leur dis toujours de rester calme, d’agir naturellement et d’oublier que je les photographie. J’ai l’habitude de leur communiquer mon idée et de partager avec elles les moyens possibles pour la réaliser.
Pendant le shooting, nous sommes en contact constant, cela nous aide à pousser plus loin le sentiment d’immersion dans notre création, nous sommes sur la même fréquence spirituelle.

5-L’eau et la nature prennent une place importante dans votre travail. Quand avez vous developpé cette sensibilité?

En effet, la majorité de mes travaux se passent dans l’eau et ce n’est pas un accident.
Avec du recul, l’eau représente pour moi un moyen très pratique d’expression, c’est ce qui se balade en moi et recrée mes idées.
D’un point de vue purement technique, faire des shootings avec de l’eau me procure une grande joie.
Au contact de la lumière et des ombres, les formes et les couleurs de l’eau varient de manière indéfinissable, le résultat final obtenu me surprend toujours . C’est très inspirant. Pour l’artiste, elle est comme un véhicule. L’eau est le fruit de ma création.
La création, la vie, le pouvoir….L’eau symbolise des énergies puissantes. Elle est l’élément par excellence du plaisir et de la joie, elle donne la vie mais aussi peut devenir risquée, menaçante, et aller jusqu’à nous détruire.
J’aime sa transparence, sa pureté, la lumière et ses réflexions ainsi que sa capacité de transformation qui se dévoile au contact d’autres médiums.
Pour moi, l’eau est un élément hautement érotique précisément par les oppositions qui la constituent.
L’eau est celle qui étanche notre soif et nous sauve.C’est la luxure en chacun de nous, la soif de l’amour et cette lutte éternelle pour tenter d’effacer ce besoin, de l’ émousser, pour guérir de la douleur que son manque nous inflige. La tristesse, la solitude …

6-Comment choisis tu les vêtements pour tes shootings?

Je suis une grande amatrice de vêtements, j’aime combiner différents styles.
J’aime plus particulièrement le style vintage. Je me balade souvent dans les magasins de seconde main.
En Bulgarie il est très difficile de louer des vêtements, la location chez nous peut devenir vraiment très compliquée, du coup je les achète la plus part du temps et je peux les utiliser plusieurs fois pour différents projets.

7-Que signifie la beauté pour vous?

La beauté que je recherche et reconnais est l’une des facettes des nombreux visages qu’elle peut revêtir. Ce qui vous transmet différentes émotions, qui provoque des pensées inattendues et conflictuelles.
Pour moi la beauté est le moteur de la vraie joie ce n’est pas visible à l’œil. Cela touche plus profondément mon âme et je la ressens de tout mon être, cela m’enthousiasme, me secoue et fait naître chez moi des questions et des réponses, c’est une des plus importantes pulsions de vie.

8-Quel est le meilleur conseil que l’on vous ai donné?

Je ne pourrai donner le conseil d’une personne précisément. Je ne peux que transmettre ce que je me répète à moi même constamment. « La vie c’est maintenant et ici… et tout ce que je veux dépend de moi ici et maintenant. »
Le passé n’est qu’une histoire que l’on se raconte à nous même, le futur commence aujourd’hui.

Credits

Photos by Mira Nedyalkova
Article by Marion Hassan

WAN HUNG CHEUNG

IN CONVERSATION WITH WANG HUNG CHEUNG


 

1/ Décris ton style en 5 mots

Avant gardiste, Irradiant, Capricieux, Bon vivant, Intriqué

2/Quels expériences t’ont amené à travailler dans la mode?

J’ai toujours été fasciné par l’unicité du fait main.

J’aime me dépasser dans la recherche d’idées innovantes.

3/Que préfères-tu dans le processus créatif?

Mon inspiration vient de l’exploration des réponses à mes réflexions en tant qu’homme et jeune designer.

4/Dans ta dernière présentation à Paris, tu as utilisé le son pour provoquer des vibrations sur des miroirs souples où l’image de tes looks se distordaient.

Peux tu nous en dire plus sur ton concept?

L’expérimentaion avec la lumière, les réflections et l’iridescence est un aspect récurrent de mon travail.

Cette instant magic ou la lumière vient rebondir sur les surfaces pour créer ses sublimes prismes.

Dans la présentation le son tord les miroirs pour faire des réflections érratics.

Cette combinaison de pulsations sur les miroirs et la distorsion de la lumière donnent vie à ma collection.

5/ Comment définirais-tu l’ADN de ta marque?

Une découpe pointue de tailleur , la réalisation de silhouettes audacieuses et l’innovation dans embellissement de surface.

Une convention peu utilisée dans la mode masculine et qui est un des piliers de l’identité de ma marque.

J’aimerai participer avec mon travail à la réduction du cloisonnement des styles entre hommes et femmes.

6/Que penses-tu de la mode masculine d’aujourd’hui?

Historiquement le langage vestimentaire de la mode masculine a toujours été limité et aujourd’hui encore

beaucoup de designers collent à ses « sécurisantes conventions ».

Cela étant dit, en ce moment, je  sens se développer une certaine ouverture dans les esprits,

une approche plus futile de la mode masculine comme dans la mode féminine.

Et c’est formidable de voir se travaille briser les codes et offrir une approche plus « dramatique » du vêtement pour  homme.

7/Quel est le meilleur conseil que l’on vous ai donné?

Mon père m’a dit une fois :  » Etre heureux dans les choix et les décisions que

tu prends dans ta vie est très important, apprends des erreurs que tu fais en grandissant. »

Cela a beaucoup joué dans le choix de la création de ma marque. Certains trouveront

ça risqué mais j’ai beaucoup de joie et de chance de me donner les moyens d’être l’homme que je veux être.

whc1
whc14

WHC LOOKBOOK AW1516

Credits

Photos supplied by Wang Hung Cheung
Article by Marion Hassan

BARBARA I GONGINI

IN CONVERSATION WITH BARBARA I GONGINI


 

1/ Décrivez votre style en 5 mots :

Libre
Sans compromis
Sensible
Expressif
Poétique

2/ Comment avez vous lancé votre propre ligne?

Je suis née et j’ai grandi dans les îles du Faroe. C’est là où j’ai commencé, au cours de mes plus jeunes années, à expérimenter par divers moyens d’expression ma sensibilité esthétique,quelque part au milieu de mes souvenirs d’enfance, des paysages architecturaux des îles, dans la sérénité de ma maison à Copenhague, où je vis d’ailleurs toujours aujourd’hui. C’est dans cet univers que sont nées les  premières caractéristiques de ma ligne lancée en 2005 . Oui… nous approchons la décennie en 2015!

 3/ Qu’est ce qui vous inspire pendant la conception de votre collection?

Mère nature et tous ses élèments sauvages. En cohérence avec cela, des inspirations grandissent venant de différentes scènes créatives comme la musique, le cinéma et l’art sous toutes ses formes. Il grandit en moi des envies qui partent dans plusieurs directions et se retrouvent dans la forme et l’aspect de mes créations.

4/Quel est la partie que vous préférez pendant le processus créatif?

La phase de mise en place. Quand le nerf créatif peut se refléter partout dans le spectre du futur vêtement_du plus subtil détail à la pièce la plus fantasque.

5/ Votre marque est profondément engagée d’un point de vue éthique. Avez vous découvert des innovations à ce sujet et quel est pour vous l’importance de l’écologie en mode ?

Malheureusement, nous ne parviendrons jamais à être 100% écologique, néanmoins, nous tentons constamment de progresser dans cette voie à chaque collection en minimisant au maximum notre empreinte, en travaillant par exemple avec des fabriques de tissu plus eco-friendly. Prendre des mesures dans cette direction est essentiel pour protéger notre planète. Il faut prendre cet engagement au niveau global dans l’entreprise avec tous les acteurs de la chaîne de production.

Pour pousser plus loin notre engagement, nous avons développer une plateforme e.g , qui est le plus important regroupement mondial dans le domaine écologique. Nous avons d’ailleurs reçu un prix au Denim challenge pour nos innovations en matière de denim écologique.

Nous avons assigné des numéros à nos collections car il y a une continuité dans la marque. Nos designs ne sont pas seulement influencés par les tendances mais découlent de nos anciennes collections et introduisent les prochaines.
C’est notre conception d’une garde robe hors du temps, peu importe le style de celui qui l’achète, il pourra s’approprier une pièce de Barbara en fonction de ses goûts.L’idée,c’est aussi de créer des vêtements qui puissent accompagner la personne tout au long de sa vie.

6/ Vos créations sont à mi chemin entre l’art et le design. Comment procédez vous pour les garder portables?

Tout est dans l’équilibre, ce qui est en soi un challenge. C’est un défi parce que je ne veux pas faire de compromis avec mes créations, mon idéologie, pour l’amour de l’art ou du design autant pour l’un que pour l’autre. La clef est dans la décomposition en couches d’un look, chaque élément pris individuellement ouvre sur un tas de possibilités;du minimalisme au casual, du look urbain au dandy, du brut au pointu, du romantique et intriqué, et tellement plus encore. C’est une grande poésie de voir la variation des formes en fonction de leur association et une des grandes richesses de nos designs, ce qui peut passer inaperçu aux yeux du public. Nos designs ne sont pas statiques, ils sont conçus pour laisser libre court à l’expression de la créativité de chacun. J’invite tout le monde à explorer cela, s’ils en ressentent la curiosité (sourire)…

7/ Dans votre dernier défilé vous avez utilisé des modèles « jumelles » pouvez vous nous parler de ce choix.

Je suis personnellement passionnée par la quête de l’égalité et du combat permanent pour une justice sociale comme pour certaine personne qui vont se battre tous les jours,  chaque minute de leur vie, simplement pour que les autres aient une meilleure situation.J’applaudis cela. Si je peux par une quelconque façon y contribuer, au travers de mes créations, en transcrivant mes croyances et lutter pour une plus grande égalité en le manifestant au cours de mon oeuvre, je n’hésite pas. L’idée,derrière le concept des jumeaux, était encore une fois de mettre en lumière la force de la liberté d’expression et de l’individualité, par le biais de l’entrelacement, la liberté comme exercice d’amour sous toutes ses formes, indépendamment du sexe. Nos designs sont contre la discrimination, ils invitent et se battent pour une justice sociale.

8/ Quel est le meilleur conseil que l’on vous ait donné?

Sois toi même, c’est le mieux que tu puisses être.

Credits

Interview by Marion Hassan
Photos by Louise Damgaard

SANDRINE PHILIPPE

la vidéo ARAKHNEA de Sandrine Phillipe en collaboration avec Parisian Fashion Designer, Marco Chenevier; chorégraphe et directeur de la troupe franco-italienne TIDA et le photographe Maxime Leyravaud.

SANDRINE PHILIPPE


 

C’est dans sa boutique parisienne rue Herold que Sandrine Philippe nous reçoit. Le décor est planté et nous sommes directement immergés dans l’univers poétique et féroce de la designer. Un vieux piano noir recouvert de cendres et de toiles de tissus fins, un nid géant aux allures arachnéennes fait de joncs et de noeuds entrelacés, une table en bois épaisse et rustique… un lieu dans lequel on se sent étrangement bien, où chaque détail est une invitation à laisser vagabonder notre imagination entre passé et futur.

Le temps est le thème central du travail de Sandrine et l’usure son moyen d’expression, son empreinte. Fascinée par les vieilles choses et leurs histoires depuis son enfance, elle applique à chacune des pièces de ses collections: brûlures, silicone, coutures et lacérations…créant une histoire propre à chaque vêtement lors de sa transformation. Une déconstruction créatrice où chaque collection donne l’occasion de développer de nouvelles techniques donnant naissance à de nouvelles textures et matières. Pour les amoureux de la matière comme moi, ce lieu en est une célébration. Un travail bouleversant peuplé de petits trésors, seuls vestiges de la performance artistique jouée dans le secret de l’atelier de confection.

Les silhouettes de la designer offrent un vestiaire aux possibilités multiples, superpositions, unisex ou féminité et masculinité affirmé sobre ou atypique. Elle laisse libre court à l’expression de chacun pour créer son style. Je vous invite à découvrir sa ligne d’accessoires, tout aussi époustouflante à laquelle elle donne une dimension « objet d’art » à part entière.

Artiste complète elle dessine, peint et s’intéresse tout particulièrement à la danse, aux installations et à la mise en scène. La mode a été pour elle le meilleur moyen de concilier le dessin et son amour pour le corps humain. Entourée d’artistes venant d’univers divers, elle collabore notamment avec un chorégraphe pour créer une vidéo ARAKHNEA en 2014. La corrélation entre son travail et la danse semble d’ailleurs une évidence, la danse tord, marque et transforme les corps.

Elle présentera sa prochaine collection homme lors de la fashion week à Paris. On a hâte de découvrir le thème de son travail et la nouvelle ambiance de la boutique.

Credits

Text by Marion Hassan
Photos boutique : Marion Hassan
Photo bannière : Max Leyravaud et Nico Rival pour Sandrine Philipe
Model : Camille Gorin et Thibaut Betemps
Assistant stylist : Claire Lebeau
Special thanks Stéphanie Veuriot

KOFTA

 IN CONVERSATION WITH KOFTA


1-Pouvez vous décrire votre style en cinq mots?

K-Il est difficile de décrire ma marque en seulement quelques mots. Le silence permettra une meilleure compréhension de la  marque, ce sont plus que des accessoires.

2-Qu’est ce qui vous a conduis vers la création d’accessoires?

K-J’aime le travail à la main, cela anoblit un homme et cet homme par ce chemin, se rapproche de ses racines. Donc j’ai commencé en travaillant le cuir et découvert ma voie dans la création d’accessoires et de chaussures.

3-Il y a une dimension théâtrale très forte dans vos lookbooks, vous nous entraînez dans un univers émotionnel surnaturel avec vos créations. Pendant que vous concevez, qu’est qui vous inspire en premier : l’art, le life style ou le design pur?

K-Tout est le fruit d’un concept fort à la base, de la personnification de mes désires et idées. Cela m’a guidé dans la création del’identité globale de ma marque qui est basée sur la recherche du sacrée dans la beauté. C’est l’unification en une subtile alliance entre la nature et l’urbanisme. Maintenant on peut dire que je ne travaille plus. Je suis le chemin qui m’épanouit, je fais ce que j’aime vraiment.

4-Les volumes et les formes de vos créations sont très inattendues. Pouvez vous nous parler de votre technique de conception?

K-Pour la collection « Inertia »S/S2015 j’ai été inspiré par le mouvement physique perpétuel des particules dans l’énergie, elles sont toujours en mouvement et dans la neutralisation. Je fais appel à des formes géométriques, qui sont la base constructive pour toute forme de vie.

5-Quand nous regardons la progression de votre première à votre dernière collection, nous avons la sensation que votre travail est plus inspiré par une idée futuriste et géométrique et moins organique et rurale?

Pensez vous que c’est une des tendances actuelles?

K-J’essaye de me tenir à ce que je ressens et de ne pas m’occuper de ce qui est tendance ou fashion. Je m’immerge dans mon univers interne et tente de m’imaginer avec tout ce qui m’entoure en partant de l’infiniment petit vers l’infiniment grand.Rester connecter au monde extérieur et le comprendre sont les clefs d’un travail artistique puissant.

6-Qu’est ce qui personnellement vous attire dans l’esthétique du noir et blanc?

K-Ce sont les couleurs les plus simples pour mettre en valeur une personne brillante.  Paré ainsi cela ne devrait pas occulter le diamant de sa personnalité.

7-Quels sont les projets à venir?

K-Personne ne sait de quoi demain sera fait, mais je suis sure de continuer à vivre ma vie de la même façon qu’aujourd’hui, en écoutant mon cœur et en œuvrant pour l’amour de l’art.

Credits

Interview by Marion Hassan
Photos from the lookbook SS15