NACO PARIS


Sur la péniche « la balle au Bond », nous tanguons doucement en attendant la 30ème collection de Naco Paris.

L’accueil n’est pas aussi underground et informel que je l’avais espéré… mais peu importe la dissonance, je suppose qu’il y a des règles immuables.
Depuis 2001, le designer Naco paris milite pour une mode éthique et anti-mainstream. Protecteur des fragiles connexions entre le monde et la mode, parlant de la politique et ses réalités du milieu underground et sa contre culture, sans faux semblant.
Dès ses débuts, il décide de ne pas céder à la schizophrénie ambiante, forte de sa toute puissance, soutenue par les géants financiers et leur grosse machine marketing qui recouvrent les pires abominations de paillettes comme l’exploitation de l’homme par l’homme ou la destruction de notre environnement…

Evidemment, ce n’est pas très léger comme sujet, mais ça fait aussi du bien de se regarder en face et de réfléchir à notre système de valeurs. En tout cas, Naco, lui, est en parfaite adéquation morale avec son travail. Il gère une production mesurée, faite de stocks limités avec un impact environnemental minime. Ayant fait ses armes auprès de tailleurs dès son plus jeune âge, il n’en délaisse pas non plus la nécessaire technique, en fournissant une couture de qualité qui monte en gamme.
Le vêtement est un support à sa créativité, il le dit lui même ça aurait pu être autre chose et bascule, sans hésiter, vers d’autres médiums d’expressions. On ne peut pas le ranger dans une case, c’est un propos qu’il défend pas un life style.
Pour cette collection, faites de couleurs incandescentes, il clame ses convictions politique à coup de slogans : » Destroy fashion not the world HELP refugees!« . Les mannequins, hors des stéréotypes beauté, ont des allures de militaires avec de grandes vestes parkas. Des imprimés fait d’accumulations d’affiches déchirées, détournées en motifs camouflages. L’ensemble est destroy, furieux, chaotique mais cohérent. Et je regrette que nous ne soyons pas ailleurs, avec les gens, pour que d’autres puissent être récepteurs de cette performance.

Avec sa marque de quinze années derrière elle, il montre que l’alternative est possible, mieux encore elle existe, elle résiste, elle s’épanouit . Quel ironie de voir qu’aujourd’hui La prêtresse des tendances Li Edelkoort avec son « Kill the fashion » et le jeune punk artiste vestimentaire tiennent un discours similaire.
Vendu dans les plus grandes capitales mondiale, Naco paris jouit d’une importante reconnaissance internationale et d’une clientèle fidèle qui lui assure la possibilité de pouvoir continuer à diffuser ses messages et c’est tout ce qu’on lui souhaite.

Credits

Photos by Elise Notseck
Text by Marion Hassan