SANDRINE PHILIPPE


Pour sa collection « unplugged » Sandrine Philippe nous entraîne dans les entrailles de « La général ». Son show hors norme, déconnecté du rythme et de la frénésie de la fashionweek est une parenthèse de virtuosité qui reconnecte la mode au monde artistique.

En mélangeant plusieurs médiums: musique, installation, danse, la designer nous attire progressivement aux abords d’un monde irréel, sombre et poétique.
Un cocon géant fait de câbles apparaît dans la fumée. Nous sommes spectateurs d’une naissance, un homme s’en extirpe et se lance dans une danse macabre interprété par le danseurs et chorégraphe X sur une mélodie déchirante jouée par une contre bassiste.

Les guerriers de Sandrine sont là, regroupés derrière le danseur qui virevolte. Une armée de révoltés, eux aussi spectateurs, suivant la chorégraphie au travers de mouvements alanguis. Ils semblent tout droit sortie d’un film expressionniste allemand avec leur makeup charbonneux.

Il y a de la sauvagerie dans tous ces looks, l’empreinte d’une transformation violente qui nous évoque milles histoires, tantôt animales, tantôt de dandy,de soldats ou de voyageurs . L’Homme de Sandrine Philippe est un individu unique où le vêtement est une partie de lui même, une seconde peau, le témoin de son parcours.
Sans entraver, les coupes accompagnent les courbes du corps dans un jeu subtil de superpositions. L’harmonie du all-noir opère, sublimée par un panel varié de textures : cuir scarifiés, mailles détricotées, lin recouvert de latex.. Tout autant de procédés qui rendent chaque pièce unique, fruit d’un travail et d’une recherche minutieuse.

Encore une belle démonstration audacieuse pour la designer parisienne, qui impose sa vision avec pertinence. Toutes ses créations sans compromis, nous dévoilent un autre chemin, celui de se faire confiance en restant fidèle à son univers. Bravo!

Credits

Photos by Elise Notseck
Text by Marion Hassan