FAQYYR BEY


 

Le designer derrière la marque Faqyyr Bey  est autodidacte en couture et directeur artistique dans un label de musique. Il se lance dans la mode en créant des costumes pour les clips du rappeur Disiz . Le succès est au rendez vous, il lance donc une première collection où chaque pièce est unique, sur mesure, faite main avec un souci de qualité dans le choix des tissus et des matières.

Aujourd’hui sa 3eme collection prend une tournure plus intime. Il décide de sortir des codes du streetwear pour développer une vision plus personnelle de la mode . La mode pour lui est un moyen de communiquer avant tout. Ses vêtements sont des pages blanches sur lesquelles il vient retranscrire ses émotions, ses réflexions autour des piliers qui l’ont construit depuis sa jeunesse la musique, la politique et la religion .

Le jeune designer donne le ton en lançant son défilé sur un discours d’Adrienne Brody (Detachment – 2011, Tony Kaye) que je vous invite à lire.

« Deliberately believing lies while knowing they are false. Examples of this in everyday life: I need to be pretty to be happy. I need surgery to be pretty. I need to be thin, famous, fashionable. This is a marketing holocaust! Twenty-four hours a day, for the rest of our lives, the powers that be are hard at work, dumbing us to death. So to defend ourselves and fight against assimilating this dullness into our thought processes, we must learn to read, to stimulate our own imaginations, to cultivate our own consciousness, our own belief systems. We all need these skills to defend, to preserve, our own minds. »

Chaque détail des vêtements créés est mûrement réfléchi venant cristalliser un concept.

Le thème de l’adolescence l’a beaucoup inspiré aussi, il décide de traiter cette collection avec une gamme de couleur blanche pour la pureté, noire pour la désillusion, et kaki pour le combat inhérent à cette dualité.

Ainsi la tenue 14.1 appelée White Jasmin est un hommage à la révolution tunisienne, à la naïveté du peuple dans sa volonté de renverser un pouvoir oppresseur, sans moyen, avec pour seule arme la volonté.

Après un premier défilé réussi pendant la fashion week parisienne, il souhaiterait développer une section prêt à porter pour femme et continuer à faire des collaborations avec d’autres artistes autour du message fort que véhicule Faqyyr Bey : les bons sentiments contre le cynisme.

Credits

Text by Marion Hassan
Photos by Johann Dorlipo