BORIS BIDJAN SABIERI


 

Les communautés et leurs codes sont un terrain d’observation fascinant pour des passionnés de mode. Annihilant l’expression de son individualité au profit d’une alliance qui les transcende, ce comportement met en lumière un message avant toute chose et paradoxalement, n’a de cesse de nous interroger sur la part cachée de chacun, derrière le costume.

Choix, passion, jeux, travail, destin… la quête des autres, notre intégration dans une famille, est une problématique classique de notre condition humaine.

C’est sûrement grâce à son histoire aux origines multi-culturelles d’horizons diamétralement différents la Perse et l’Allemagne ,que le designer Boris Bidjan Saberi basé en Espagne aujourd’hui, développe son univers et un point de vue acéré sur le riche et puissant langage du vestiaire de la « tribu ». Précédemment inspiré par l’univers de la mafia, le monde militaire reste une influence majeure de son travail.

Ses silhouettes nous dessinent l’histoire d’un homme nomade, workwear ancré dans le monde qui l’entoure et prêt à en découdre.

Sa vision du guerrier moderne nous confronte à une virilité austère et élégante. Il enrichit la garde robe masculine de pièces fortes et combinables faites de superpositions, tuniques, vestes, gilets, tabliers, gants et salopettes. Tranchées par un rouge incisif, les silhouettes  noires ou ivoires auxquelles nous a habitué le designer prennent cependant, une dimension plus abstraite dans leur message et plus violente aussi que lors des autres collections.

Boris Bidjan Saberi est notamment une marque remarquable pour la qualité du travail technique qu’elle apporte dans la confection de ses pièces. Particulièrement dans sa manière de travailler le cuir, ses recherches en la matière lui ont permis d’ailleurs de breveter un cuir devenu presque transparent suite à diverses manipulations . Aujourd’hui incontournable, Boris Bidjan Saberi participe au mouvement qui bouscule les habitudes du monde de la mode masculine pour notre plus grand plaisir.

Credits

Texte et photos: Marion Hassan
Remerciements à Jérôme Momenteau – 2embureau