HARRY HALIM


« I love you but I have chosen darkness » est une lettre d’adieu acide scellant le destin d’une histoire d’amour.

Nous plongeons dans une ambiance film noir, le designer Harry Halim, nous confit une collection intime et sombre. La volonté immersive de la mise en scène ouvre le défilé par un prélude théâtral, où lentement, une jeune femme vient déposer une rose blanche dans un vase. Le silence laisse la place à un choix de musiques savoureux, ambiance boulevard de la mort, mixé par la dj Sophie Gonthier (Catherin).

Les veuves noires d’Harry Halim, plus élégantes que jamais, s’élancent dans le salon empire de la maison des Champs Elysées, battant le parquet chaussées de bottines en serpent écarlate, kaki et argentées. Leurs silhouettes fantomatiques, accentuées par un choix de matières fluides flottant dans leur sillage, semblent être saisi en pleine transition entre passé en cendre et futur inéluctable.

Au travers d’un jeux d’opacité, les découpes anguleuses, voire tranchantes, dévoilent une féminité absolue assumée. Les costumes ajustés aux décolletés vertigineux s’enchaînent sans se ressembler, chaque silhouette à son histoire propre faites de détails soigneusement réfléchis. A la working girl lugubre se mêle une envie rock’n roll romantique cristallisée par un teddy en satin, des jupes trapèzes et résilles. Dans la continuité des autres collections, les motifs brodés évocateurs de scorpions noirs entrelacés avec des pistolets et des roses rouges se baladent sur des popelines froissées, évanescentes .

Une collection qui nous a beaucoup touché par son approche sincère et qualitative, on attend la prochaine saison avec impatience, pas de lettre d’adieu à l’horizon pour ce jeune talent…

Credits

Photos by Elise Notseck
Text by Marion Hassan