GUO PEI


En parallèle d’une fashionweek électrisant Paris, les arts décoratifs du Louvre présentaient au travers d’une trentaine de pièces Haute Couture, une rétrospective sur le travail de la designer chinoise Guo Pei . Une maison de Couture qui fêtera ses trente ans l’année prochaine, où le savoir-faire, héritage ancestral est mené d’une main de maître.

Peintures, broderies, perles… toutes les techniques sont maîtrisées avec génie et portent avec grâce un propos poétique et enchanteur . Certaines pièces sont le fruit de plus de 40 000 heures de travail , un projet qui s’étend sur plusieurs années. On ne peut que saluer le résultat de cette liberté temporelle qui amènera chaque pièce au rang d’œuvre d’art textile, loin des cycles infernaux de la production haute couture, Guo Pei suit sa route en marge des échéances de saisons et sa réputation n’en pâtit pas pour autant, bien au contraire, elle habillait récemment Rihanna au gala du Met une des icônes de la pop culture la plus prisée du moment. Étonnement, sa conception de la Haute Couture rappelle les exigences d’un temps qui nous semble révolu, étouffé par le marketing et la rentabilité.

Tout comme les cathédrales européennes qui éblouirent Guo Pei lors de ses voyages il y a 20ans et qui furent construites sur des siècles entiers par des milliers d’hommes chacune de ses robes est à l’image de ses monuments historiques destinés à élever les hommes vers une transcendance, une recherche de la perfection et de l’absolu en dehors du temps. Quand on contemple une robe de Guo Pei, l’investissement, le travail, la complexité de l’œuvre sont d’une telle ampleur qu’elle en devient  impossible à évaluer. Il ne s’en échappe alors plus qu’un mystère.

Très fière de son équipe Guo Pei, n’oublie pas ses débuts avec seulement 20 personnes pour l’épauler. » Beaucoup d’entre eux n’avait aucune expérience dans le domaine et c’est ensemble que nous nous sommes bâti . Toutes ses pièces ne sont pas ma seule production, sans cette cohésion il serait impossible d’émouvoir le public ».

Surnommée la McQueen d’Orient, Guo Pei se retrouve dans cette même volonté de refléter sa vision du monde et sa sensibilité. Elle nous confit que  » comme lui, on peut voir au travers de ses créations son fort intérieur, son âme. » Néanmoins, la créatrice se sent beaucoup plus solaire.

 » La Haute couture est une un art vivant dans lequel on y met de notre existence, ce temps qu’on y met on ne le retrouvera pas et c’est précisément cette vie qui transparaît et qui anime chacune de mes créations. « 

Credits

Photos by Marion Hassan
Texte by Marion Hassan