THOM BROWNE

À l’occasion de son partenariat avec Barney, Coalshade se penche sur le parcours du « Tsar de la mode ».
Après avoir redéfini les codes de l’élégance post-moderne capitaliste avec son réajustement unique du costume trois pièces pour hommes.

Thom Browne embrasse l’univers de la femme en 2017 et peuple ses défilés d’étranges silhouettes en dégradé de costumes gris aux contours exubérants. Mais si le créateur est un virtuose de l’uniforme, il sait mieux qu’aucun autre pervertir le concept de conformité. Il confira au magazine Interview :  » Les hommes aiment les uniformes car une fois tous habillés pareils, ils peuvent se concentrer sur leur individualité ». L’individualité, Thom la voit par l’abstraction du vêtement, original pour un designer. Il prône l’auto-discipline intérieure et pense que la clef de l’épanouissement réside dans la confiance en soi et l’ambition. On a bien envie de le croire, quand on voit avec quelle rapidité la signature Thom Browne a su séduire le monde entier.

Le designer est au paroxysme du paradoxe durant ses défilés, quoi de mieux que le vieux continent avec ses lieux décadents pour des visions hors normes et fantasmagoriques.
Son défilé automne hiver 2018 à l’Hôtel de ville de la capitale française aux murs blafards, est une superbe mise en abîme conceptuel de l’oeuvre : des artistes peignant de grandes toiles, des muses qui virevoltent, toutes faisant partie de la même oeuvre dont Thom est le chef d’orchestre .

Exerçant aussi en directeur artistique pour  de prestigieux musées, l’installation du défilé achève de nous immerger dans son univers : les moulures haussmanniennes se confrontent aux grands néons à la lumière crue et géométrique. Il y a quelque chose de Brazil du réalisateur Terry Gilliam. Mais ce qui m’a le plus frappé dans ce show, c’est la générosité de la mise en scène qui permettait à chacun, à la fin de ce parcours au pays de Thom, de se recentrer sur le vêtement. Comme si le chef d’orchestre avait appuyé sur pause, chacun pouvait déambuler dans l’espace et découvrir en détail chacune des silhouettes novatrices et raffinées. Moment de grâce absolue autour de la sublime Anna Cleveland.

PHOTOGRAPHY & WORDS Marion Hassan

Thank you to Caroline Charles from BESIDECOM