IN CONVERSATION WITH YOSHI ITU


 

1-Vous avez présenté votre travail à Londres et à Paris pendant la dernière fashionweek. Quelles différences avez vous constaté dans les réactions du public?

En Angleterre, les premières personnes qui sont venus vers moi étaient plutôt des « fashionistas » et des gens du milieu de la mode alors qu’en France tout les gens sans distinction ont été attiré par ma démarche, du plus vieux au plus jeune, ils sont venus me complimenter. C’est pour cette mentalité que j’adore Paris.

2- C’est étonnant que les parisiens ait été plus réactif à ton travail que les anglais, qui sont connus pour être plus extravagants dans leurs looks?

A Londres les gens sont plus habitués à analyser les mouvements artistiques, à en parler, mais il réside une certaine distance vis à vis de tout ça, alors qu’à Paris, c’est le sensible qui prime avant tout, les gens ressentent les choses avant de les intellectualiser.

3- Et au Japon, ton pays d’origine où tu as démarré ta carrière, comment ton travail est il perçu?

Au Japon, les gens vont être beaucoup plus réservé dans leurs réactions et auront tendance à m’ignorer dans la rue. Ce n’est pas du tout la même façon d’appréhender l’autre. Il faut ressembler le plus possible à tout le monde là bas.

4- Tu revendiques la liberté d’être soi même un support artistique en portant tes créations dans ton quotidien, c’est presque une sorte de manifeste?

Wearable Art, c’est plutôt une philosophie de vie. Je voudrais que les gens soient plus libres. L’art ne doit pas rester dans un musée ou dans des maisons. L’art est un moyen de s’exprimer au sens large, que l’on pourrait porter, cela permettrait de découvrir les goûts des gens, ce qui les touche, ce qui les inspire… ce serait un nouveau moyen de se rencontrer…

5-Ton art renvoie à la naïveté de l’univers de l’enfance. Est ce une constante chez toi, un style?

Tout dépend de la pièce sur laquelle je vais travailler, je ne me limite pas à un style en particulier. Chaque pièce va résonner d’une façon différente chez moi. Wearable Art c’est sans limite! Je peins aussi sur des murs par exemple, en faite peu importe le support, c’est vraiment en fonction de la corrélation entre mon inspiration, le support et l’énergie du moment. Tout ce qui touche l’humain et la vie sont des sources d’inspiration pour moi.

D’ailleurs, j’utilise toutes les couleurs dans mon travail parce que je le peux, que ces couleurs sont là, pour moi ça ne renvoi pas au monde de l’enfance. Ce type de pensée est aussi un carcan, il n’y a pas de règle à suivre!