JULIUS

JULIUS


Bienvenue dans une démonstration hardcore façon Julius. Porte drapeau de la résistance, des opprimés et des discriminés, c’est dans le parking souterrain de l’Olympia, dans une chaleur suffocante qu’on découvre la nouvelle collection du créateur . Comme des repris de justice, les mannequins aux crânes rasés surgissent de l’ombre et défilent au pas de course. Leurs visages semblent près à imploser bercés par une musique expérimentale aux airs de jungle tropicale. Pas de gamme colorée forte hormis les couleurs de la discrétion et parfois une pointe de orange qui nous rappelle l’habit des grands prisonniers. La collection nous propose une vision punks avec un mélange de style sportswear et d’habit militaire, ponctué par des tartans : une messe pour les adeptes de cette époque. Julius joue la superposition parfaitement  exécutée sur chaque silhouette avec des manteaux ou des vestes amples par dessus des shorts en joggings ou des pantalons larges. On aime à regarder ces t-shirts aux bords francs ou en maille très larges par dessus des chemises à carreaux. Les volumes ne manquent pas de s’exprimer secoués par la marche si dynamique des mannequins. Le final arrive comme une exécution dans le bruit assourdissant des  tirs de kalachnikovs . On pourra dire enfin que de tous les mouvements totalitaires, Julius reste la rébellion la plus branchée.

PHOTOGRAPHY Elise Notseck
WORDS Michel Hardy

ICOSAE

ICOSAE


Les lumières du Faust s’éteignent, nous allons enfin découvrir un nouveau volet de l’idylle ICOSAE sur une musique électrisante . Comme un cœur éprit d’amour, les deux frangins nous propose une collection magnétique.
Valentin et Florentin Glemarec les inséparables formés à la prestigieuse école du Louvre sortent depuis 2014 des collections très masculines empruntant les codes du tailoring et du sportswear version New wave. On aime dans cette collection les silhouettes élégantes principalement composées de costumes noirs coupés avec minutie, agrémentés de chaussures à sequins argentés qui viennent twister le look en apportant une touche déglingue disco.On prêtera attention aux semelles rouges signé Louboutin afin d’être moins sage encore.
Les silhouettes qui suivront seront clairement streetewear avec du jeans, des bombers, l’image d’un new wave revisité avec élégance grâce aux chemises satinés qui ne manqueront pas de donner un peu de romantisme au style. Inspirés par une soirée à flaner sous les étoiles de L.A, les frères ponctuent leur collection d’un story telling Shakespearien, le fou, l’amant, le poète, mots récurrents imprimés sur des t-shirts rouges.. De quoi réveiller les passions qui sommeillent en nous.
On retrouve la série de nombres 82.141.814 sur les tartans des vestes de costumes.
Avec »The world has music for those who listen » ss18, les 2 créateurs montrent qu’ils occupent une place forte dans la mode masculine.

WORDS Michel Hardy
PHOTOGRAPHY Elise Notseck

HENRIK VIBSKOV / MAISON DU DANEMARK

HENRIK VIBSKOV

Henrik Vibskov, le créateur/ designer danois investit la Maison du Danemark jusqu’au 16 juillet.

De la mode, de la musique, des shows, de quoi prendre une vraie leçon de créativité. Aux premières impressions, on ne saisit pas très bien l’agencement, toutes les oeuvres semblent déconnectées entre elles tant le créateur est multidisciplinaire. Puis, on se laisse séduire par l’aspect irrésistiblement ludique des installations. Elles sont clairement le fruit d’un esprit singulier, qui ne cherche pas à plaire mais à partager la profusion de créativité qui l’habite.

 

L’attaché de presse, avec tout le charme de l’accent danois, nous explique les choix de la réalisation:

 

On nous présente au début d’un parcours déjanté de la musique sur fond de batterie en référence à son groupe de musique « Trottemoller ». Puis, la mode à la Central Saint Martins et 40 collections qui forgeront le succès de sa marque, ponctuées par un travail expérimental autour du design et des installations. On y trouve aussi des sculptures pour le moins étonnantes , des pièces raffinées comme un divan ovni aux détails de maille dont lui seul connait le secret, on s’interroge, on cherche les références, on envie cette facilité qu’il a de composer. Tout semble en chantier permanent, un bouillon chaotique de créativité .

 

Sans être une retrospective chronologique, ni un best of, l’artiste scandinave utilise sa carte blanche pour montrer qu’il n’est ni créateur, ni designer, il est les 2 en même temps. Son travail n’est pas dirigé par les tendances ou par de quelconques pressions commerciales et ça fonctionne très bien comme ça.

 

Une chose est sûre, cette exposition gratuite ne laissera personne indifférent à cette main tendue vers l’expérimentation et la liberté.

PHOTOGRAPHY Maison du Danemark
WORDS Michel Hardy

SPECIAL THANKS TO La Maison du Danemark