JUNKO SHIMADA

BACKSTAGE / JUNKO SHIMADA

PHOTOGRAPHY Jean Fournier

ANAÏS JOURDEN

BACKSTAGE / ANAÏS JOURDEN

PHOTOGRAPHY Shizuka Higa

TIME TO RISE FROM A SLEEP

GUNTAS SS19


Pour sa deuxième collection présentée pendant la fashion week parisienne, le designer d’origine Turc Zeynep Guntas s’exerce à retranscrire les codes lifestyle de la nouvelle génération. Les messages « Velocirty »,  » No sleep », « Melancholia & Illusion » ornent des hauts très streets, le label dénonce la solitude et la fragilité d’une génération ultra connectée. La collection rappelle dans ses coupes, les looks de pilotes de courses recouvert de sponsors accentuant cette effet de perte de contrôle. Le designer choisit une gamme de couleur tranchée jaune, verte, terre, verre d’eau contrastée de noir qui correspondrait à sa solution : un retour à la nature ?

Marion Hassan

PHOTOGRAPHY Clara Delaporte @claradelaporte
BRAND Guntas @Guntas_official

PASKAL SS18

PASKAL SS18


Julie Paskal défilait dans un Paris ensoleillé et doux, une atmosphère idéale pour accueillir sa nouvelle collection.

Diplômée en architecture, la créatrice a lancé sa marque en 2013 et depuis rencontre un franc succès avec une cinquantaine de points de vente en France et à l’international.

Pour cette saison, Paskal propose un astucieux mélange de couleurs estivales en monochromes ou block colors sur des silhouettes inspirées des sixties, parsemées de petits cercles de tissus flottants, découpés au laser façon bonnet de bain de la même époque. La femme Paskal est drôle, désinvolte et assume sa folie douce qui lui promet un été 2018 léger et décomplexé.

Si Paskal séduit, c’est surement que sa designer a réussi à synthétiser dans ses créations l’image d’un vêtement qui évoque un petit bout de rêve éveillé qui parle à toutes les femmes, une parenthèse de naïveté et de tendresse. Et si la féminité n’était pas réduite à l’expression de sa sexualité, femme fatale, dominatrice… amère ? Julie Paskal propose une brèche dans la carapace, une couleur de plus dans la palette de nos costumes. Les contraires se confrontent dans cette collection ovni : elle est douce et acidulée; infantile mais pointue; sage mais excentrique; old school mais innovante.

Une femme quoi.

PHOTOGRAPHY Elise Notseck
WORDS Marion Hassan

http://paskalclothes.com/

NEITH NYER – Farewell my sister

BACKSTAGE / NEITH NYER – Farewell my sister

PHOTOGRAPHY Elise Notseck @elise_ntsck

ICOSAE

ICOSAE


Les lumières du Faust s’éteignent, nous allons enfin découvrir un nouveau volet de l’idylle ICOSAE sur une musique électrisante . Comme un cœur éprit d’amour, les deux frangins nous propose une collection magnétique.
Valentin et Florentin Glemarec les inséparables formés à la prestigieuse école du Louvre sortent depuis 2014 des collections très masculines empruntant les codes du tailoring et du sportswear version New wave. On aime dans cette collection les silhouettes élégantes principalement composées de costumes noirs coupés avec minutie, agrémentés de chaussures à sequins argentés qui viennent twister le look en apportant une touche déglingue disco.On prêtera attention aux semelles rouges signé Louboutin afin d’être moins sage encore.
Les silhouettes qui suivront seront clairement streetewear avec du jeans, des bombers, l’image d’un new wave revisité avec élégance grâce aux chemises satinés qui ne manqueront pas de donner un peu de romantisme au style. Inspirés par une soirée à flaner sous les étoiles de L.A, les frères ponctuent leur collection d’un story telling Shakespearien, le fou, l’amant, le poète, mots récurrents imprimés sur des t-shirts rouges.. De quoi réveiller les passions qui sommeillent en nous.
On retrouve la série de nombres 82.141.814 sur les tartans des vestes de costumes.
Avec »The world has music for those who listen » ss18, les 2 créateurs montrent qu’ils occupent une place forte dans la mode masculine.

WORDS Michel Hardy
PHOTOGRAPHY Elise Notseck

YPROJECT FEMME AW17

Y/PROJECT


La maison de la Chimie accueillait le King du cocktail détonnant, le flamboyant Glenn Martens, tête de proue de l’avant-garde et directeur artistique de la maison Y/project.

Le stylisme ultra-féminin flirtera avec la culture street old school. Ainsi soit il.

Mêlant l’univers rap des nineties au baroque d’Henri III, il continue d’explorer cette surprenante association, qu’il avait initié lors de la saison précédente pour sa collection masculine. Surprenante, mais néanmoins tout à fait pertinente, force est de constater l’influence des stars de la musique dans notre société qui les érige litteralement aux rangs d’idoles.

Martens synthétise avec brio les codes de ses deux mondes pas si lointain finalement. Il en extrait leurs débauches, une sensualité exacerbée, l’opulence et crée un vestiaire à la démesure de ses muses. Les princesses hip hop de Martens sont des bombes décomplexées. Chaque look détient un élément de surprise et d’excès, tout les détails sont soignés et si l’ensemble donne la sensation d’un joyeux chaos de spontanéité et d’authenticité, il est clair que rien n’est laissé au hasard.

Perchées sur leurs bottes en python XXL, les mannequins déambulent dans une salle hystérique qui mitraille frénétiquement le défilé . De longues robes fendues s’agitent au même rythme que balancent des créoles  perlées oversizes, une jambe de jean aux multiples revers s’échappe. Les corsets se portent décontractés avec bombers sur les épaules et jupes en jean brut, les sweats sont capuchonnés, serrés et se parent de tulles aux volumes exubérants.

Absolument royal!

PHOTOGRAPHY Elise Notseck
WORDS Marion Hassan

JULIUS – NEUROMANTIKA

JULIUS


La nouvelle collection de JULIUS se nourrit de l’univers dystopique de « Neuromancer » écrit par le génial William Gibson. Un des premiers roman cyberpunk qui dépeint une société gouvernée par des multinationales impitoyables. Sa population est constamment sous l’emprise de diverses drogues et des pirates informatiques se connectent à une matrice artificielle façon matrix.

Empreinte des codes et references post-apocalyptiques des années 80′, la collection qui se veut tourner vers le futur a un parfum de nostalgie . Le designer s’inspire notamment du mouvement stylistique new romantique dont on retrouve par exemple les coupes oversizes et les tissus métallisés. Les sweats larges sont rentrés dans des treillis ou joggings XXL ceinturés et sont tagués du nom de la collection ou du chiffre 1984 (titre du livre d’anticipation mythique de George Orwell). Le designer nous surprend avec une partie de sa collection déclinée dans une gamme de couleurs pastelles allant du rose poudré au bleu lavande dans des tons délavés.

Malgré l’ambiance dark et violente annoncée par le livre et la musique industrielle/noïse du défilé, Neuromantika est une collection des plus sentimentale. Tatsuro Horikawa souhaite parler d’avenir et voit en l’évolution de la technologie la naissance d’une nouvelle ère prometteuse pour l’humanité.

 

« Nothing.Gray void.

No matrix, no grid. No cyberspace.

The deck was gone. His fingers were…

And on the far rim of consciousness, a scurrying, a fleeting impression of something rushing toward him, across leagues of black mirror.

He tried to scream.

 

Routine now : trodes, jack, and flip. »

-Neuromancer, William Gibson, 1984

Photos par Lucille Delabarre
Texte par Marion Hassan

PRE HELSINKI – FASHION FROM FINLAND

PRE HELSINKI FASHION FROM FINLANDE


 

Le soir commence à se coucher, l’ambassade de Finlande présente les trois collections de Pre-Helsinky : une plateforme qui fait la promotion des designers finlandais et émergents.

L’entrée fleurie accueille les invités comme s’ils étaient conviés à l’exceptionnel mariage de la Mode et de l’Art . D’ailleur, trois jeunes fiancées allongées sur un matelas blanc encadré de néons attendent patiemment leurs élus. La mise en scène fait son effet, je prends l’escalier d’honneur. La salle de réception offre une vision psychédélique garantie sans descente désagréable en sortie .

A droite, un miroir au sol fait office de scène et des fils à linge sur lesquels sont suspendus des longues feuilles blanches créent un effet de perspective efficace. Les mannequins défilent par deux, quand l’une se tient devant le public, l’autre est encore cachée par les bandes blanches. La collection est originale, les looks se différencient les uns des autres, alternant sobriété classique avec fantaisie rose, fausse fourrure brodée avec vinyl assagi.

Un véritable dynamique se crée sur fond sonore en lévitation. A gauche, la créatrice a choisi de montrer deux à trois tenues en même temps. Ainsi, la chorégraphie des mannequins s’inscrit dans l’esprit de sa collection, graphique et épurée, présentant en un temps chronométré un angle différent au public.
Un modèle se tient dos aux invités, la deuxième de profil, la troisième de face. Les coloris beige et noir apportent cohérence et repos à un œil assailli de néons roses, le choix des coupes est efficace, suffisamment originales mais point trop pour réussir à durer plus d’une saison. Je ressors enfin, ravie de cette expérience immersive, puis re-passe devant les fiancées qui ont changé de tenue en attendant toujours … leurs élus.

Credits

Photos by Elise Notseck
Text by Marion Hassan

ANNE SOFIE MADSEN – COME UNDRESSED

ANNE SOFIE MADSEN


 

La designer danoise Anne Sofie Madsen, pour la deuxième fois inscrite au calendrier de la fashionweek parisienne, nous présentait sa nouvelle collection « come undressed ». Le travail d’Anne Sofie est nourri d’élans excentriques, poétiques, avec une touche d’anticonformisme et sans concession avec son univers onirique. Elle développe un style presque abstrait, avec de volumineuses formes, redessinant les contours d’un corps ou un exosquelette.

Les silhouettes ss16 sont asymétriques, abordées sous l’angle de la superposition de matières qui s’entrechoquent : mailles, organza, laçages, latex, laine.. La femme Anne Sofie Madsen semble tout droit sortie de son boudoir pour aller chasser on ne sait quel bête mystique que l’on pourrait retrouver errant dans l’univers des motifs d’une partie de la collection, peuplés de planètes et de dinosaures.
L’effet d’échelle des mailles et des ornements floraux en 3d nous entraine un peu plus près d’une Alice de Lewis Caroll, devenue jeune femme, sexy et à la fois complètement désinvolte. La designer mélange underwear et pardessus avec brio pour nous parler de contradiction sensuelle.

« Quand la pudeur se confronte au désir de se dévoiler. »

La ligne ss16 est aussi un hommage discret à de grands couturiers avec lesquels Anne Sofie Madsen a fait ses premières armes : John Galliano et après Alexander Mcqueen. Comment aborder le thème du corset sans faire un clin d’œil à Jean Paul Gaultier avec cette robe en denim brut.

La sensualité qui s’échappe de cette collection inscrit Anne Sofie Madsen dans la lignée des nouveaux talents à suivre de près.

Credits

Photos by Thomas Coispel
Text by Marion Hassan