JULIUS – NEUROMANTIKA

JULIUS


La nouvelle collection de JULIUS se nourrit de l’univers dystopique de « Neuromancer » écrit par le génial William Gibson. Un des premiers roman cyberpunk qui dépeint une société gouvernée par des multinationales impitoyables. Sa population est constamment sous l’emprise de diverses drogues et des pirates informatiques se connectent à une matrice artificielle façon matrix.

Empreinte des codes et references post-apocalyptiques des années 80′, la collection qui se veut tourner vers le futur a un parfum de nostalgie . Le designer s’inspire notamment du mouvement stylistique new romantique dont on retrouve par exemple les coupes oversizes et les tissus métallisés. Les sweats larges sont rentrés dans des treillis ou joggings XXL ceinturés et sont tagués du nom de la collection ou du chiffre 1984 (titre du livre d’anticipation mythique de George Orwell). Le designer nous surprend avec une partie de sa collection déclinée dans une gamme de couleurs pastelles allant du rose poudré au bleu lavande dans des tons délavés.

Malgré l’ambiance dark et violente annoncée par le livre et la musique industrielle/noïse du défilé, Neuromantika est une collection des plus sentimentale. Tatsuro Horikawa souhaite parler d’avenir et voit en l’évolution de la technologie la naissance d’une nouvelle ère prometteuse pour l’humanité.

 

« Nothing.Gray void.

No matrix, no grid. No cyberspace.

The deck was gone. His fingers were…

And on the far rim of consciousness, a scurrying, a fleeting impression of something rushing toward him, across leagues of black mirror.

He tried to scream.

 

Routine now : trodes, jack, and flip. »

-Neuromancer, William Gibson, 1984

Photos par Lucille Delabarre
Texte par Marion Hassan

PRE HELSINKI – FASHION FROM FINLAND

PRE HELSINKI FASHION FROM FINLANDE


 

Le soir commence à se coucher, l’ambassade de Finlande présente les trois collections de Pre-Helsinky : une plateforme qui fait la promotion des designers finlandais et émergents.

L’entrée fleurie accueille les invités comme s’ils étaient conviés à l’exceptionnel mariage de la Mode et de l’Art . D’ailleur, trois jeunes fiancées allongées sur un matelas blanc encadré de néons attendent patiemment leurs élus. La mise en scène fait son effet, je prends l’escalier d’honneur. La salle de réception offre une vision psychédélique garantie sans descente désagréable en sortie .

A droite, un miroir au sol fait office de scène et des fils à linge sur lesquels sont suspendus des longues feuilles blanches créent un effet de perspective efficace. Les mannequins défilent par deux, quand l’une se tient devant le public, l’autre est encore cachée par les bandes blanches. La collection est originale, les looks se différencient les uns des autres, alternant sobriété classique avec fantaisie rose, fausse fourrure brodée avec vinyl assagi.

Un véritable dynamique se crée sur fond sonore en lévitation. A gauche, la créatrice a choisi de montrer deux à trois tenues en même temps. Ainsi, la chorégraphie des mannequins s’inscrit dans l’esprit de sa collection, graphique et épurée, présentant en un temps chronométré un angle différent au public.
Un modèle se tient dos aux invités, la deuxième de profil, la troisième de face. Les coloris beige et noir apportent cohérence et repos à un œil assailli de néons roses, le choix des coupes est efficace, suffisamment originales mais point trop pour réussir à durer plus d’une saison. Je ressors enfin, ravie de cette expérience immersive, puis re-passe devant les fiancées qui ont changé de tenue en attendant toujours … leurs élus.

Credits

Photos by Elise Notseck
Text by Marion Hassan

ANNE SOFIE MADSEN – COME UNDRESSED

ANNE SOFIE MADSEN


 

La designer danoise Anne Sofie Madsen, pour la deuxième fois inscrite au calendrier de la fashionweek parisienne, nous présentait sa nouvelle collection « come undressed ». Le travail d’Anne Sofie est nourri d’élans excentriques, poétiques, avec une touche d’anticonformisme et sans concession avec son univers onirique. Elle développe un style presque abstrait, avec de volumineuses formes, redessinant les contours d’un corps ou un exosquelette.

Les silhouettes ss16 sont asymétriques, abordées sous l’angle de la superposition de matières qui s’entrechoquent : mailles, organza, laçages, latex, laine.. La femme Anne Sofie Madsen semble tout droit sortie de son boudoir pour aller chasser on ne sait quel bête mystique que l’on pourrait retrouver errant dans l’univers des motifs d’une partie de la collection, peuplés de planètes et de dinosaures.
L’effet d’échelle des mailles et des ornements floraux en 3d nous entraine un peu plus près d’une Alice de Lewis Caroll, devenue jeune femme, sexy et à la fois complètement désinvolte. La designer mélange underwear et pardessus avec brio pour nous parler de contradiction sensuelle.

« Quand la pudeur se confronte au désir de se dévoiler. »

La ligne ss16 est aussi un hommage discret à de grands couturiers avec lesquels Anne Sofie Madsen a fait ses premières armes : John Galliano et après Alexander Mcqueen. Comment aborder le thème du corset sans faire un clin d’œil à Jean Paul Gaultier avec cette robe en denim brut.

La sensualité qui s’échappe de cette collection inscrit Anne Sofie Madsen dans la lignée des nouveaux talents à suivre de près.

Credits

Photos by Thomas Coispel
Text by Marion Hassan

ANREALAGE – REFLEXION ABOUT VIRTUALITY VS REALITY

ANREALAGE


La nouvelle collection du designer Kunihiko Morinaga du label Anrealage est un révélateur des changements profonds qui s’opèrent dans notre société. Nous sommes devenus les agents de communication du quotidien et chaque expérience est une bonne occasion pour être partagé. Les réseaux sociaux font partie intégrante de notre quotidien, le virtuel cohabite à part égal avec le réel …

Le designer évite cependant l’écueil des nostalgiques du temps où nous n’étions pas hyper connectés et nous rappelle que tout ces appareils ne sont au final que des outils mis à notre disposition pour exprimer notre inventivité et notre créativité. Pour cette collection, le thème de l’ombre et la lumière superbement mis en scène lors de la précédente saison, est décliné une nouvelle fois. L’invisible se révèle à nous au travers de notre smartphone, dans un festival de couleurs et de formes géométriques en total contraste avec la gamme de couleurs des vêtements à la base : gris, blancs et noirs. Le public, spectateur et catalyseur des événements, interagie directement avec le show . Le filtre qui nous « éloignait » devient paradoxalement celui qui dévoile une nouvelle dimension.
Les coupes ne sont pas pour autant appréhendées comme de simples supports, bien au contraire, sur une base de style féminin et classique les silhouettes sont twistées par un effet kaléidoscopique. De beaux cols s’ouvrent sur les épaules. Rayures, boutonnières, dentelles et cols Claudines se démultiplient en symétries verticales et horizontales, les accessoires aussi. Comme si d’invisibles miroirs venaient dédoubler les volumes.

Anréalage une nouvelle fois nous surprend par la pertinence de ses recherches et rend à la mode une de ses fonctions de pionnière.

Credits

Photos by Thomas Coispel
Text by Marion Hassan

NEHERA – OUT OF FOCUS

NEHERA


 

« OUT OF FOCUS » distille sa force tranquille, elle nous envoûte par ses jeux architecturaux. La gestion subtilement équilibrée des volumes nous confère un sentiment de plénitude. Sans fioritures et sans artifices il ressort de la collection de Samuel l’essence d’une femme de pouvoir sereine et mystérieuse.

Quelque chose de pur se dégage de la nouvelle collection aw 2015-2016 ready to wear de Samuel Drira, le directeur créatif de la maison NEHERA .

Les silhouettes sont composées de jupes longues, de plastrons cols roulés, accessoires géométriques… Le costume loose est la pièce forte de la collection avec ses accents légèrement orientaux. L’effet oversize est contre-balancé par une fine ceinture nouée avec une apparente désinvolture, détail profondément sensuel.

Les textures lourdes chatoyantes et luxueuses, se confrontent à des fourrures évanescentes ou des tissus fluides. Elles encadrent un visage ou enserrant un bras. Les tons sont chauds beige, sable, brun, ocre la collection prône le naturel, elle évoque des matière comme la pierre, le sable, le bois.

Inspiré par Eva Hesse l’artiste contemporaine sculptrice américaine d’origine allemande, Samuel Drira nous invite à redécouvrir son univers. Fondateur d’Encens magazine on retrouve dans Nehera sa vision d’une femme avant-gardiste et aérienne.

Credits

Texte et photos by Marion Hassan
Special thanks to Nehera press

AGANOVICH – FOOL

AGANOVICH


 

La femme de la maison Aganovich aw15-16 est une femme rebelle qui porte la gavroche sur le front. Elle est effrontée, cavalière, conquérante et profondément dandy.

Enserrés par des ceinture-corset, les silhouettes sont structurée de façon asymétrique avec de multiples drapés pour des jupes longues ou des redingotes recouverte d’une moitié de robe.

Chaque pièce de la collection nous évoque un classique de notre garde robe et pourtant dans leur façon unique de sculpter le volume Aganovich et Taylor élève ces « basiques » au rang de pièces d’art.

On savoure l’influence multiculturelle et historique de Fool que l’on ressent à travers le choix d’imprimés japonisants, de tartans écossais, de soie de Venise . La gavroche est remise au goût du jour, des cols très hauts donnent un port de tête royal..

Le noir et le blanc tranchent au milieu des vibrantes rayures qui se confrontent. Un brun ocre s’allie à un bleu profond. Un chatoyant tissu perle se recouvre de motifs floraux rococo.

Une gamme de couleur qui distille son charme en second plan et laisse le champ libre à l’Allure avec un grand A .Cette femme Aganovich n’est définitivement pas commode.

Moins mélancolique que les autres saisons, la maison s’affirme  avec poigne et élégance.

Credits

Photos by Thomas Coispel
Text by Marion Hassan

BACKSTAGE BIANCA POPP AW15-16

BACKSTAGE * BIANCA POPP


La première collection de la créatrice Bianca Popp défilait à Paris . Nous vous invitons à découvrir l’envers du décor, vu depuis les backstages.

Un moment particulièrement intense où l’effervescence savamment organisé règne. C’est l’instant T, quelques minutes pour présenter le fruit de plusieurs mois de travaille . Les énergies convergent, les différents corps de métiers se rencontrent.

Une tension sourde augmente au même rythme des voix émanantes de la salle et soudain… le silence. Le show commence…

Credits

Photos by Camille Baradat et Marion Hassan
Texte by Marion Hassan
Special thanks to Stephanie Veuriot