SANKUANZ

BACKSTAGE / SANKUANZ

PHOTOGRAPHY by Jean Fournier @3200_k

CLOTHES Sankuanz @sankuanz_official

SANKUANZ

SANKUANZ – Cykuanz


Images projetées d’un paysage montagneux perturbé, imagerie d’un monde digitalisé : à l’entrée du défilé, les écrans posés sur des strates blanches nous accueillent. Shangguan Zhe fait partie de ceux-là qui utilisent les évolutions numériques pour servir leur art et prouver que nature et futur ne sont pas incompatibles.

Basé à Xiamen dans la province du Fujian, le créateur propose cette saison une collection largement inspirée de l’univers de Cy Twombly. Les peintures de l’artistes se répandent sur des ensembles vestes tailleurs italiennes, graffitis contemporains. Les pièces de lin évoquent les toiles vierge du maître lorsqu’elles ne sont pas recouvertes de peinture blanche leur donnant un aspect patiné jusqu’au chaussures. Le tout est réhaussé d’inspirations streetwear et workwear : couleurs tranchantes, du vert acide au jaune gamer, coupe-vent XXL aux surpiqûres contrastantes, motif camouflage revisité ou bleu de travail parasitent cotons et lins naturels et ancrent une silhouette urbaine. Le pantalon, large, se dézippe en short ou se porte au dessus des chevilles pour laisser le champs à des chaussures qui rappellent les jikatabi portées par les ouvriers japonais.

Cheveux piqués en l’air enlacés d’un bandeau, les modèles prolifèrent comme sortis d’un jeu vidéo. Les casquettes ou les vestes sont attachées à la ceinture, les logos agressifs, le sac à dos surdimensionné ; autant d’éléments rappelant la pop-culture comme signe distinctif de la marque.

Le créateur chinois embrasse son époque et fait appel à tous les codes contemporains pour construire cette collection qui se conclut sur un air de Haendel, ode à la nature. Missive à transmettre : positive attitude pour l’avenir.

WORDS Orianne Drouet
PHOTOGRAPHY Pierre Tostain de Bonjour Garçon

SANKUANZ – DESTROYS

SANKUANZ


La collection « Destroys » réalisée par Shuangguan Zhe pour la saison automne-hiver 2017 résonne comme un requiem pour l’humanité.

Ornée de slogans prophétiques « natural selection », « pollution visuelle »… le designer n’hésite pas à énoncer sans détour son message politique et ses craintes pour l’avenir.

En superposant les pièces aux allures « outdoors » et militaires, Zhe met l’accent sur le côté fonctionnel. Par déduction, on imagine les hommes confrontés à un environnement agressif aux températures extrêmes, mais aussi « pollué » ou « contaminé ». Cet univers post-apocalyptique, pousserait les humains à se surprotéger, en généralisant le vêtement 2.0 développé par la Science.

Ainsi, il développe des silhouettes dans des matériaux de recherche comme l’UMWPE et la fibre d’aramide utilisés dans les costumes spatiaux de la NASA  . Il explore aussi la création de textile. Les pantalons sont munis d’accessoires en métal rappelant des attaches de tuyaux ou de câbles, des mousquetons dispatchés permettent d’attacher des accessoires : casquettes, canettes, vestes… Les sacs à dos géants nous invitent à imaginer une population nomade.

Si le danger semble omniprésent, la collection n’est pas pour autant sombre, elle porte un regard lucide sur les difficultés qui sont susceptibles d’advenir et propose une voie vers laquelle l’Homme  pourrait tendre, pour s’adapter à ce nouvel environnement hostile.

Photos par Elise Notseck
Texte de Marion Hassan